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Recit d'un voyage en bateau avec notre voilier ATALAMA, quand un rêve devient réalité.

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Petit bilan des 3 premiers mois

Navigation :
    Locmiquélic-La Coruna : 340MN, 3 nuits
    La Coruna-Lisboa : 420MN, cabotage, 1 nuit en mer
    Lisboa-Porto Santo : 490MN, 4 nuits
    Porto Santo-Madeira : 30MN
    Madeira-Santa Cruz de la Palma (Canaries) : 250MN, 2 nuits
    TOTAL : 1530MN, 10 nuits en mer, 147 heures moteur.
   
Absence totale des alizés portugais, d'où beaucoup de moteur pour descendre de la Coruna à Lisbonne. Longue attente de 3 semaines à Lisboa pour pouvoir traverser vers Porto Santo. Abonnement au vent de travers relativement fort à chaque début de traversée, ce qui n'est pas le mieux pour amariner l'équipage (c'est le jeu ma pauv' Lucette), mais jusqu'à maintenant nous n'avons pas trop eu le loisir de choisir, les fenêtres météo étant très brèves.

Les quarts : nous n'avons pas encore établi de système de quarts, Corina n'étant pas opérationnelle pendant les 48 premieres heures des traversées. Je gère seul jusqu'à ce qu'elle aille mieux. Cela ne pose pas de problème  : je dors dans le cockpit, attaché à un winch pour ne pas tomber, et ma montre me réveille toutes les 17mn. Je me lève, fais 2 tours d'horizon, puis me recouche... Fatigue aidant, à partir de la 2ième nuit, il m'arrive de louper des tours. La prochaine traversée sera plus longue (760 MN de El Hierro à Mindelo aux îles du Cap Vert), nous rythmerons nos quarts à partir de là je pense.

Atalama :
Nous avons trimé pour le remettre en état, mais le résultat est là. Il a fière allure et c'est un bateau sûr, qui ne mouille pas. Le cockpit reste toujours sec, mise à part 2 vagues qui ont eu l'audace de mouiller mes coussins en partant de Madère, mais à décharge d'Atalama, on était sous 2 ris avec une mer croisée de travers au beau milieu de la zone de rencontre des 2 houles contournant l'ile. Gréement, voiles, capote et moteur neufs ajoutent à la confiance que nous avons en notre bateau.

Depuis le départ, nous n'avons quasiment jamais barré, le régulateur d'allure Beaufort (Bob) assure le poste lorsqu'on est sous voiles, et le pilote électrique (Bobette, elle est un peu moins costaude) prenant le relais lorsqu'on avance au moteur. A propos du régulateur d'allure : installé l'année dernière chez Asmer à La Rochelle, son utilisation est d'une simplicité enfantine, et sa mise en service et hors service est très rapide. Pour l'instant nous en sommes hyper contents, d'autant plus qu'il ne consomme rien, puisqu'il marche avec le vent. Indispensable.

A propos de consommation : l'énergie. Avant de partir, nous avons choisi de démonter l'ancienne éolienne Aerogen 3, pour la remplacer par un 2ième panneau solaire de 100W, ce qui nous fait monter à 175W. L'idée était que l'aerogen ne débite pas beaucoup, encore moins au portant, que les mouillages et le ports sont souvent calmes, et qu'elle masquait partiellement les panneaux donc ceux ci perdaient énormément en rendement (la perte n'est pas proportionnelle à la surface masquée). Nous ne le regrettons pas car la plupart du temps nous pouvons laisser tourner le frigo pendant toute la journée et remonter à 100% ou 95% de charge tous les soirs (nous l'éteignons tous les soirs, il est suffisamment isolé pour garder le froid toute la nuit. De plus nous le remplissons de bouteilles d'eau pour améliorer l'inertie thermique). Seuls quelques jours complètement bouchés nous ont obligés à l'arrêter en journée.
En navigation, je suis malgré tout obligé de limiter mon utilisation de l'ordinateur (Open CPN) car il consomme beaucoup (le plus gros poste de consommation). Pour une prochaine fois, j'envisagerai d'acheter un PC oem faible consommation, que je connecterai à un écran le moins gourmant possible, qui pourrait d'ailleurs nous servir à visionner des films. J'envisagerai aussi une plus grande puissance de panneaux, car nous sommes obligés de limiter l'utilisation des PC au mouillage.

Le contrôleur de batterie installé en juin est vraiment pratique, nous connaissons à tout moment le % de charge du parc de batteries de servitude (180Ah), le courant instantané de charge/décharge, la quantité d'énergie consommée, ainsi que leur tension. Ceci nous permet de limiter la conso pour éviter de descendre sous les 80%, pour optimiser la durée de vie de nos batteries.

Les voiles : la garde robe d'Atalama est trop limitée dans les petits airs (nous étions à court de budget). En dessous de 10nds au portant, nous avançons à peine à 2,5nds, les voiles battent, cognent, et plutôt que d'abimer qque chose, nous mettons le moteur. Il nous faudrait une voile légère de portant à tangoner, et facile à envoyer/affaler : Un spi asymétrique ou un genaker, qui pourrait aussi servir à d'autres allures.
La trinquette : je ne l'ai toujours pas installée à poste (c'est pas bien), prête à envoyer si nécessaire pour éviter de déformer le GSE neuf et faire un meilleur près dans la brise. Pour une prochaine fois : un gréement de côtre avec trinquette sur enrouleur serait pas mal. Pas l'idéal pour les virements de bords (il faut enrouler le gênois puis le redérouler sur l'autre amure), mais depuis Lorient, nous avons du faire 2 virements de bord, alors bon. On pourrait aussi ajouter un 2ième tangon pour le portant.

Le moteur : 147h au moteur depuis Lorient. Autant dire qu'il faut qu'il soit fiable, sinon le voyage se transforme en galère. Le moteur neuf d'Atalama installé par Au Quai 56 fonctionne pour l'instant parfaitement et nous sommes sereins. Un des avantages des moteurs modernes, c'est l'entretien : vidange toutes les 150h (Yanmar 3YM30) au lieu de 50h (Vovlo 2003). Tiens, il va falloir que je m'y mette !

Le mouillage : rien à dire à propos de l'ancre Kobra 16kg achetée avant de partir. Sur les 29 nuits au mouillage, le mouillage a bien tenu, alors qu'il nous est arrivé d'avoir du vent. En la remontant, une fois à pic, on sent qu'elle est bien crochée grâce à sa pointe lestée (vase, sable). Je n'ai jamais sorti plus de 35m de chaine sur les 40m, même en mouillant par 10m, le cablot de 40m qui suit est encore sec !
Un bémol pour la main de fer Wichard : la petite goupille qui maintient la main de fer est trop légère, elle finit  par se tordre, et alors il faut une pince pour la retirer et remonter le mouillage. Je crains le jour (c'est  plutôt la nuit en général wink2) où je devrai appareiller d'urgence avec cette goupille coincée. Il faut que je trouve une autre solution.

Le guideau électrique : quel plaisir de remonter l'ancre !

L'annexe : lourde, ainsi que son moteur. Très contents des grosses roulettes installées l'hiver dernier, cela permet à une seule personne de tirer l'annexe et son moteur sur la plage. Moteur indispensable pour parcourir les distances parfois grandes entre le bateau et la plage/le port. C'est bien d'avoir une bonne mobilette !

L'antifouling : fait fin mai (hempel mille nct autoérodable), ce qui ne nous empêche pas de déjà avoir de la barbe et des coquillages. J'ai du aller nettoyer à l'éponge sous la coque, mais cela fait partir l'auto érodable.

Le radar : bien contents de l'avoir eu sur la côte Portugaise, avec tout le brouillard que nous avons eu ! Pas étonnant que l'on en voie même sur certains petits voiliers portugais.

L'eau potable pour la cuisine, la vaisselle et la toilette :
    210 litres en réservoirs
    2x17L en jerrycans (20L, mais pas remplis à fond pour flotter)
    4x10L en jerrycans.
    Total : 284 litres, soit une autonomie de 4 semaines (10L/J) en faisant attention (vaisselle à l'eau de mer pendant les traversées)
Eau à boire en bouteilles de 1.5L (plus facile à stocker ques de bidons de 5L) : environ 110L d'eau, soit 2 mois d'autonomie à 2L/personne/Jour.
a l'aulne de ces 3 premiers mois, les jerrycans nous permettent d'atteindre une autonomie de 1mois sans problème, soit 30% de plus que ce qui nous sera nécessaire pour traverser vers les antilles, sans compter l'eau en bouteilles, ou nous serons autonomes à partir des Canaries jusqu'aux Antilles. Nous referons que le plein des réservoirs+jerrycans au Cap Vert.

Problèmes techniques rencontrés :

  • La pompe manuelle de remplissage du réservoir de GO en charge commençait à fuir, changée par une électrique à Lisbonne.
  • La pompe automatique de vidage des eaux venant du puits de chaine, réparée 2 fois, mais en fin de vie. J'en ai approvisionné une neuve ici à la Palma, car pas de Schipchandler avant les Antilles maintenant.
  • Des rivets qui sautent, remplacés au fur et à mesure, pourtant j'en avait fait le tour avant de partir...
  • Le hale bas rigide dont les écrous de fixation au mat sont un peu desserrés, je m'étonne encore de ne pas avoir vu cela avant de remâter ! Il faut démâter pour corriger, hors de question pour l'instant, je le démonterai si nécessaire et le remplacerait par un palan simple, on a de quoi faire à bord.
  • Une bobine de sécu d'un feu de la cuisinière a défailli (!) (située après le thermocouple, elle coupe le feu automatiquement si la température chute) . J'ai pu m'en faire livrer par Eno à Madère, tout est rentré dans l'ordre.

Jusque là tout va bien !

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