Recit d'un voyage en bateau avec notre voilier ATALAMA, quand un rêve devient réalité.
Traversée Madère - La Palma
Nous partons de Madère le lundi après midi sous des nuages. Pendant 1 heure nous avons du vent de nord et peu de houle. Super, je suis à la barre le temps qu'Éric met en place le régulateur, les voiles sont en ciseaux et Atalama avance bien. Si ça peut durer... Mais oups, là, il n'y a plus de vent. Nous mettons le moteur en route au moment où la houle qui a contourné l'ile se croise et la navigation devient inconfortable. Eric reste dans le cockpit, moi je m'allonge.
Depuis notre départ un autre voilier se trouve à tribord. À un moment donné, Éric voit qu'il a son Génois sorti. Pas logique car il n'y a pas de vent. Mais quelques minutes plus tard, tout s'explique, ça y est, le vent est revenu, nous venons de le toucher. Plus besoin de moteur, nous devenons à nouveau un vrai voilier qu'avance avec ces voiles. Ne reste plus à attendre que la houle se calme pour que la navigation devienne plus agréable. Moi, pendant tout ce temps, je fais dodo....
Vers 3h du matin, je me sens bien et je veux relier Éric. Je fais mon quart pendant quelques heures. J'en ai marre d'être à l'intérieur allongée à ne rien faire. J'ai envie d'être dehors. Je mets mes écouteurs, et surveille toutes les 15/20 minutes jusqu'au petit matin. La mer s'est bien calmé et je ne suis pas malade, pas de visite de Raoul, du bonheur. Ne reste plus qu'à trouver une occupation. La nuit, je m'allonge et dors un peu, mais la journée je ne fais rien, je n'arrive pas encore à lire, à écrire, à faire de la cuisine ou simplement à m'occuper. Sans occupation le temps est long. Après le diner, je me repose à nouveau mais vers 3 heures du matin je reprends le relais. Il n'y a plus de vent et nous sommes obligés de mettre le moteur car nous avançons à 2 à 3 nœuds et Atalama bouge beaucoup. Nous croisons un cargo ainsi que des dauphins à ce moment. Malheureusement la nuit est trop claire pour voir des étincelles de plancton. Je m'allonge dans le cockpit et mon réveil sonne toutes les 15 minutes pour que je fasse un tour de l'horizon. Je me rends compte qu'au petit matin de temps en temps, je ne l'attends pas et me réveil quelques minutes trop tard que prévu.
À l'aube, je vois la terre ! La Palma est bien visible de loin, avec ces crêtes de plus de 2400 mètres de haute. Je change le drapeau de courtoisie et reste dehors à regarder l'ile qui s'approche, Eric se repose à l'intérieur. Santa Cruz here we come !
Juste avant l'arrivée au port, le vent ses lève, la mer devient agitée et nous attendons d'être une fois à l'abri dans le port de commerce avant de préparer le bateau (attention, il faut contacter le "trafic contrôle centre" avant de pouvoir entrer au port). Le port de plaisance se trouve au bout du port de commerce. Nous arrivons finalement vers 15 heures, la capitainerie est fermée et nous amarrons au ponton visiteur en attendant de pouvoir trouver notre place. Le personnel du port nous aide et nous donne la carte de sanitaire permettant de prendre une douche en attendant. Quel bonheur de pouvoir prendre une douche à l'eau chaude. La dernière fois, c'était à Lisbonne ! Un luxe qui est pour pas mal des gens normaux mais que nous apprécions beaucoup. Spécifiquement après quelques jours de mer où les conditions des hygiènes sont réduite au minimum. Dès l'ouverture de la capitainerie nous nous occupons des formalités, nous amarrons Atalama à sa place et nous profitons de la soirée pour préparer notre séjour ici.