Recit d'un voyage en bateau avec notre voilier ATALAMA, quand un rêve devient réalité.
Nous nous arrêtons pour la nuit dans la petite anse, côté anse Chaudière. Une fois le bateau bien mouillé, la tête sera mise rapidement sous l'eau. Quel bonheur ! C'est encore mieux qu'à Sainte Anne. Beaucoup plus de vie, des éponges, des gorgones, des poissons un peu partout. Nous voyons également un poulpe et beaucoup de nudibranches (langue de flamant). Et tout ça dans même pas 8 mètres d'eau. Des casiers placés à cet endroit sont pleins de poisson, mort ou encore à moitié vivants. Je ne sais pas sous combien de temps ils seront vidés mais ça fait mal au cœur de voir un baliste, murène, poisson-coffre ou un autre poisson tropical terminer de cette façon. Le lendemain, je prépare mon appareil photo et fais une petite plongée (pour immortaliser les nudibranches) pendant qu'Eric fait de l'apnée.
De retour au bateau, nous décidons de se rapprocher de bourg afin de pouvoir le visiter. Pas besoin ici de jeter l'ancre, il y a plein des bouées blanches et en plus c'est totalement gratuit ! Le tour du bourg est vite fait et avant de rentrer, nous profitons de goûter la glace faite maison à la martiniquaise (faite avec le seau à sorbet). Par contre la nuit est moins confortable car le mouillage est rouleur. Vers 1 heure du matin, nous nous réveillons, Atalama bouge beaucoup et nous commençons à sentir une ressemblance avec le Cabo Verde mais heureusement peu après ça se calme et nous réussissons à dormir jusqu'au petit matin. Le lendemain nous faisons notre première plongée à Martinique ensemble, hors club, avec notre annexe et en totale autonomie dans l'anse (spot "sirène"). C'est un super spot et après 93 de minutes de plongée et avec nos blocs presque vides, nous faisons surface, émerveillés par cet endroit.
L'après-midi, nous mettons route vers la grande anse d'Arlet car il semble qu'également là-bas, le mouillage ait plus calme et il possède des beaux endroits pour plonger.
En entrant dans la zone de mouillage, (des bouées blanches sont également mises à disposition gratuitement pour préserver les fonds) les enfants de "ratafia" nous disent bonjour, et indiquent de faire attention aux tortues ! Les herbiers sous les bateaux les attirent et pendant une petite séance de nage en palme, masque et Tuba, nous découvrons 3 tortues à quelques mètres d'Atalama.
Nous restons plusieurs nuits à grande anse, tellement c'est beau, calme et reposant. Nous adorons cet endroit. Certains bars/restaurants proposent le wi-fi et le restaurant "le petit bateau" vend aux plaisanciers de l'eau au robinet (100 litres pour 3 euros). L'eau est claire, idéale pour nager ou pour faire un peu d'apnée. Les tortues continuent à tourner autour des bateaux, nous plongeons à la pointe lézarde avec notre annexe et sur l'épave Nahoon (en 1 seul mot "magnifique") avec le club de plongée du coin.
Malheureusement, sur cette plongée, je suis trop captivée par des poissons formant une boule (style sardines) à la descente, pour décompresser mes oreilles en temps et en heure. Résultat : petit barotraumatisme a l'oreille droite, rendez-vous chez le médecin (qui est plongeuse, médecin fédéral et a son cabinet au bourg), des gouttes matin, midi et soir, et interdiction de plonger pendant au moins 4/5 jours. Bravo, je n'ai qu'à me féliciter, je me suis faite piéger comme une débutante par la visibilité et les poissons, sans me rendre compte que je faisais une descente trop rapide. J'avais bien senti que la décompression passait difficilement mais la tête était ailleurs.
Au début nous avons prévu de faire encore quelques plongées ici. Mais nous changeons notre planning et au lieu de rester dans l'anse en attendant que mon oreille sera guérie, nous remplissons les réservoirs d'eau et larguons les amarres afin de mettre cap direction Fort de France et St Pierre pour découvrir l’intérieur de cette île.
Comment sont les fonds marins ici à Martinique ?
Très riche en faune et flore fixée, pas besoin d'aller profond pour découvrir la beauté des tombants où chaque centimètre est occupé. Il y a une omniprésence des éponges tubulaires, vases, massives et encroûtantes très colorés et de taille imposante, attirant toute sorte d'animal. C'est très coloré avec des couleurs qu'on ne voit nulle part ailleurs. À chaque mètre carré on voit des compositions de coraux avec des formes et couleurs magnifiques ou de tout petits poissons, crabes et crevettes se cachant dedans. Il y a des vers (spiro, bispire, ver arbre de Noel, ver de feu, sabelles), des gorgones envieillies par des nudibranches, des comatules, des poulpes, des serpents et des murènes en train de chasser en pleine eau, des poissons de récifs et tropicaux (poissons trompette, balistes, chirurgiens, poissons anges, poissons papillons, poissons lime, perroquets, mérous et lézards), dans des failles se cachent des langoustes, des rascasses volants, des chevaliers ponctués et des poissons soldat et bien sûr il y a le bleu avec des bancs de poissons chasseurs (des carangues, barracudas, tarpons, orphies, vivaneaux).