Recit d'un voyage en bateau avec notre voilier ATALAMA, quand un rêve devient réalité.
Ca y est, nous sommes arrivés le 31 mai à Flores (Açores) après 17 jours de navigation depuis Bermuda. Fatigués mais très contents d'être là !!! Nous allons bien.
La terre d'europe la plus à l'ouest
Flores dispose depuis quelques années d'une marina et nous espérons trouver une petite place pour rester quelques jours au calme, dans un endroit qui ne bouge pas avec un peu plus de confort ! Ce qui n'est pas gagné à cette période de l'année. Heureusement, quelques jours avant notre arrivée, la houle d'est qui rentre bien dans le port a chassé tous les bateaux, laissant derrière elle plein de places libres !
Le dimanche 31 mai, Atalama est accueilli par des centaines de méduses dans l'avant port et entre tranquillement dans la marina. Après 17 jours de mer, nous posons nos pieds sur la terre ferme. Un grand nettoyage et dessalage du bateau s'impose mais avant tout un petit déjeuner stable sans tenir les mugs, et un petit message pour rassurer la famille grâce à la connexion Internet gratuite dans le port. Plus tard un officier des douanes nous rendra visite pour la clearance d'entrée, c'est beaucoup plus cool qu'à Bermuda.
Un jeune couple, Soizic et Jean-Loup, vient nous faire un petit coucou. Ils voyagent depuis 1,5 ans sur leur voilier "Meltem" un first 31.7 et sont comme nous sur la route du retour. Ça fait du bien de pouvoir papoter à nouveau après 2,5 semaines de mer ! Nous prenons un café ensemble et ils nous invitent à prendre l'apéro chez eux. Ils ont aussi invité plusieurs français habitant à Flores, dont Camille et Marc, installés ici depuis plusieurs années. Camille avait amené un petit fromage de vache affiné fait maison, soit disant "raté", mais que tous ceux qui y ont gouté ont trouvé excellent. Inutile de vous dire qu'Eric s'est régalé ! Nous avons passé une très bonne soirée.
Les premiers jours à terre se déroulent tranquillement : petits sauts aux superettes pour acheter du bon pain, quelques fruits et légumes ainsi que du fromage des Açores, petites balades dans le bourg, du repos et des bonnes douches froides ! Eh oui, la marina possède des douches mais elles sont froides. Petite déception quand même, mais ça reste supportable, l'eau n'est pas glaciale et le soleil qui brille nous réchauffe un peu.
Au coucher du soleil, les puffins cendrés reviennent s'installer dans la falaise, et braillent. Leur "chant" est très atypique. On a l'impression d'être survolés par une bande de fêtards soufflant dans leurs sifflets, on les imagine enroulés de cotillons avec un chapeau pointu sur la tête. On pourrait également penser que Walt Disney s'est inspiré de leur chant pour la voix de Donald Duck.
Nous faisons notre première balade sur l'île en compagnie de Soizic et Jean-Loup. Une balade facile à partir du port, en direction de Faja de Lopo Vaz. Après avoir rempli notre estomac d'un bon hamburger frites au restaurant en ville et après avoir traversée Lajes, nous descendons la falaise et arrivons sur un plateau ou y poussent entre autre des bananes, des ananas et de la canne à sucre. Des murets en pierre marquent les petites parcelles de terrain et la plage de sable noir et de galets noirs est très jolie. Le retour se fait par le même chemin, sauf que maintenant il faut remonter. Le soir, un petit apéro sur Atalama cloture cette bonne journée ensemble.
Deux jours plus tard nous faisons une deuxième balade, en amoureux cette fois ci, et plus longue, plus fatiguante, mais encore plus jolie. Un pépé nous prend en stop et après lui avoir expliqué vouloir aller au Miradouro das Lagoas, il insiste pour que nous commencions à la Caldeira Funda 7 kilomètres avant, car selon lui c'est beaucoup plus joli. Nous suivons son conseil et il nous dépose devant le 1er lac. Faut dire qu'il n'a pas menti ! Le paysage est sublime, d'une beauté indescriptible.
La route vers le Miradouro das Lagoas longe les lacs Funda et Raso et passe dans une petite forêt de pins en enlaçant quelques collines, l'ambiance est paisible, sans aucun bruit, cela change de la mer. Arrivés au Miradouro surplombant les lacs Negro et Comprida nous entrons sur le chemin de randonnée officiel qui mène à Faja Grande. Le chemin est très boueux, et au détour d'un virage nous croisons un couple d'espagnols dont le monsieur, ô stupeur, n'est vêtu que de chaussures de sport et d'un string ! Nous discutons quelques instants avec eux en réfreinant un petit sourire, et en évitant de regarder ses fesses quand il repart...
Après une petite montée nous picnicons en profitant d'une vue surplombante sur les lacs. La descente commence
ensuite en passant coté mer. Un petit portail donne accès à un champs entourés de murets en pierre et d'hortensias. La pente douce de ce paturage où l'on voit des vaches fait un peu penser à nos paysages préalpins. Elle se termine au bord de falaises de plusieurs centaines de mètres de haut, où un deuxième portail ouvre sur un raidillon en lacets qui nous descend dans la vallée de Faja Grande. Mieux vaut avoir de bonnes chaussures et un pied stable ! De Faja Grande, où la plage de sable noir est clairesemée de rochers de lave, nous avons une vue grandiose sur les falaises que nous venons de descendre, avec ses 4 cascades spectaculaires.
Une petite glace, et maintenant il faut penser au retour. Au centre bourg nous essayons de trouver une voiture qui nous ramène à Lajes mais il est déjà 16h et le peu de véhicules qui passent sont déjà pleins ou vont dans la
mauvaise direction. Nous mettons donc notre cerveau à 0 et continuons à marcher. Après quelques kilomètres sur le plat, une voiture nous prend en stop au pied de la falaise et nous dépose en haut nous évitant une grimpette supplémentaire. Ouffff... Nous ne sommes pas arrivés, mais le paysage vu de la route est très agréable et il fait beau. Nous avons une vue surplombant d'environ 300 mètres sur les paturages et les falaises et sommes entourés de fleurs. C'est beau Flores et même si nous sommes fatigués c'est un plaisir de marcher dans ce paysage. Enfin une autre voiture s'arrête et nous droppe 2 km plus loin. C'est toujours çà de gagné, mais il nous reste quand même 5 km. Par chance un touriste belge en vacance s'arrêtera un peu plus loin et nous ramènera jusqu'au port.
De retour au bateau des douaniers peu aimables nous font signe. Ils n'ont pas notre clearance ! Bizarre car leur collègue était venu spécialement le dimanche... Après leur avoir montré sa photo en plein travail, l'ambiance s'est adoucie. Ils ont vérifié 2 fois leur cahier mais sont finalement obligés de venir à bord pour refaire notre clearance. Nous qui pensions qu'ils étaient efficaçes !
Le temps passe vite, nous restons encore un jour à la marina avant de partir pour Faial, une autre île de l'archipel à 130 Mn à l'est. Eric en profite pour faire un grand entretien du moteur, je fais le tri de mes photos et commence à travailler sur le blog. Nous faisons un peu d'internet et préparons le bateau pour le trajet.
Flores respire la tranquillité et regorge de sites naturels préservés. Malheureusement nous n'avons pas eu le temps de faire plus de balades et de découvrir les autres facettes de l'île. C'est la campagne, avec des champs bordés de murets plantés d'hortensias et des charmants petits villages. C'est aussi la montagne avec des pics et des buttes, des cascades, des falaises abruptes, des lacs gracieusement nichés au fond d'anciens cratères endormis et des paysages magnifiques.