Recit d'un voyage en bateau avec notre voilier ATALAMA, quand un rêve devient réalité.
Mayreau, petite île voisine des Tobago Cays
Nous quittons les Tobago Cays par le nord pour aller à Mayreau, une petite île à seulement 3 MN qui fait également partie du "Tobago Cays Marine Park". Pas envie de hisser la Grande Voile, nous faisons le trajet uniquement au Génois. Le vent et le courant nous poussent. Quelques tortues font surface proche du bateau.
Au début nous avions prévu de jeter l'ancre à "Salt Whistle Bay", mais une fois arrivée sur place, nous voyons tellement de bateaux au mouillage qu'on se sent presque dans un HLM. Chacun est collé l'un sur l'autre. Rapidement nous décidons de faire demi-tour et de continuer notre route vers "Saline Bay", un peu plus au sud. Très peu de bateaux sont au mouillage dans cette baie. Le mouillage est totalement gratuit.
Avant de mouiller au nord de la baie, nous essayons de localiser la petite épave (wreck du Purina) immergée au nord du récif.
Petit cours de nostalgie : pour Eric, c'est la première épave qu'il ait jamais plongée, lors de son premier voyage il y a 13 ans. Il aimerait la revisiter avec son regard de plongeur averti. Cette épave fait partie du Tobago Cays Marine Park et normalement nous n'avons pas le droit de plonger dessus sans guide, mais ça nous tente bien. A 11 mètres maximum, elle est facilement accessible.
L’après midi, après le déjeuner, Eric me dépose à terre, je souhaite découvrir l'île de l'intérieur. Lui, il aimerait d'abord faire un peu d'apnée à l'endroit où normalement doit se trouver l'épave avant d'aller y plonger en bouteille (le sondeur n'a pas bien décroché).
La balade à terre est agréable, l'île n'est pas très grande. Je traverse le village (des restaurants sont construits toute au long de la rue principale), je visite l'église de Père Divonne et continue ma route vers la plage de Windward Carenage. Une grande plage de sable blanc, cote au vent d'où on peut voir les Tobago Cays et où les kitesurfers s'amusent dans les vagues.
Une petite visite à Salt Whistley Bay et il est temps de rentrer au bateau. Le coucher du soleil ne va pas tarder.
Eric vient me chercher avec l'annexe au ponton et me raconte son après-midi. L'épave n'est pas très grande. Il s'agit d'un petit vapeur à deux hélices dont tous les éléments (chaudière, moteur, hélice, gouvernail) sont bien conservés. Il est posé sur un fond de sable de 11 mètres maximum. La poupe est très jolie. Elle est tapissée de corail, des bancs de poissons tournent autour, des barracudas et des bancs de carangues se baladent dans le "grand bleu". Cette petite épave a tout pour plaire. Eric a passé un super après-midi dans l'eau et malgré l'interdiction, demain nous plongeons !
Un boatboy très airomis d'acheter une petite langouste (25 $EC par pound), est passé plusieurs fois au bateau pendant notre absence. Il n'a pas lâché le bout jusqu'au moment où la langouste était posée sur notre plateforme arrière.... Nous ne l'avons pas revu depuis. Notre 1ere langouste depuis notre départ en juillet l'année dernière.
Juste avant de la cuire dans l'eau bouillante, nous l'avons tuée pour éviter qu'elle se débatte à la "mise à l'eau" dans la casserole. Notre cocotte minute étant trop petite pour pouvoir l'accueillir en entier, j'ai été obligée de la couper en plusieurs morceaux avant de la cuire. Au dîner, je me suis régalée, Eric était beaucoup moins enthousiaste. A moitié écœuré, il a mangé quelques morceaux par politesse. En fin de repas, il avait encore faim. Ayant pitié de lui, il m'a fait tellement plaisir, je sors du frigo le fromage que j'avais gardé en cachette pour son anniversaire. Nous passons une soirée tranquille. La musique (pas totalement à notre goût) venant de la plage résonne dans la baie. Je travaille un peu sur le blog, Eric bouquine ou faut il plutôt dire il kindle.
Aujourd'hui c'était la 1ere journée sans pluie !
La nuit est calme, mais pas besoin d'avoir envie de faire la grasse mat à Saline Bay. A 7 heures, le ferry part à pleine vitesse entre les bateaux, laissant derrière lui de belles vagues. Tout bouge sur Atalama. Au large un paquebot arrive et jette son ancre à l'extrémité de la baie. Toute la matinée des semi rigides tournent dans la baie, tirant derrière eux des touristes du paquebot, 2 par 2, équipés d'un casque et d'un gilet de sauvetage dans un canapé gonflable. Nous n'avons pas trop subit cette animation, mais Maud et Loïc, étaient mouillés plus à l'intérieur de la baie et n'en pouvaient plus.

Eric a mal dormi, des moustiques étaient responsable de son sommeil agité, moi je n'ai rien senti. Vers 8 heures, un bel arc en ciel se pointe au dessus de l'île. Ça sent la pluie ! Nous prenons notre petit déjeuner et préparons le matériel de plongée. Peu après, notre annexe fait route vers la bouée au large. Après l'immersion, je constate que les batteries de mes 2 flashes refusent de fonctionner. Il ne me reste plus qu'à faire des photos en lumière naturelle. Tant-pis !
La visibilité n'est pas super bonne, de la surface nous ne voyons pas l'épave, et même au fond, nous n'arrivons pas à la distinguer en entier (English gunboat d'un longueur de 42 mètres).
Après 40 minutes de plongée, nous entendons un bruit venant de la surface. Un bateau s’arrête. Ne sachant pas s'il s'agit des Mayreau Rangers, de pêcheurs, d'un club de plongée ou de quelqu'un d'autre, nous faisons surface. C'est le club de plongée avec 2 touristes français à bord qui souhaitent plonger sur l'épave. Eux ont opté pour la voie officielle, toujours au modeste prix de 80$US par personne. Après avoir monté notre matériel dans l'annexe et avant que nous ne soyons partis, le responsable vient nous voir et explique qu'officiellement nous n'avons pas le droit de plonger. Nous faisons les innocents, nous nous excusons et partons avec la satisfaction d'avoir plongé sur cette petite épave si belle, même si nous n'avons pas pu rester plus longtemps.
De retour au bateau, nous rangeons nos affaires et préparons Atalama car nous souhaitons passer quelques nuits à Union. Finalement nous décalons notre heure de départ de 45 minutes car un gros grain nous tombe du ciel. Quand le soleil et un ciel bleu sont de retour, nous remontons l'ancre, faisons un petit coucou à l'équipe de Quo Vadis et partons le génois gonflé vers Union.